Comment, l’OTAN est-elle bâtie? Quels étaient ses buts primordiaux? est-ce que l’alliance atlantique a encore une raison d’exister? si oui, laquelle et comment? quels sont les problèmes à affronter à l’avenir et quelle est la place de la Suisse face à l’alliance? Qu’en est-il de la neutralité face à une « interopérabilité » qui devient toujours plus un alignement? est-ce que le conseil fédéral nous dit toute la vérité? Si oui, pourquoi reçoit-on plus d’information par l’OTAN que par Berne? comment évoluera la situation géopolitique et géostratégique internationale?
Nous ne nous contenterons pas de vous parler uniquement de l’Alliance atlantique dans ces pages. Nous mettons l’évolution de l’OTAN dans un contexte plus vague, d’un point de vue tant historique que géopolitique.
La Suisse et l’OTAN, on en parle peu dans les médias. Pourtant, la politique avance à petits pas vers une collaboration de plus en plus intense avec cette alliance depuis peu à caractère offensive que Charles Zorgbibe, auteur du livre « Histoire de l’OTAN » décrit comme suit: « Paradoxal destin de l’Alliance atlantique! Pendant quarante années de guerre froide, elle parvient à contenir son ennemi virtuel, l’URSS, et à maintenir la paix en Europe... sans recourir au moindre acte de guerre ! Depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du bloc communiste, elle se découvre une seconde guerre beaucoup plus belliqueuse. Le 28 février 1994, l’Alliance intervient militairement dans le conflit de Bosnie. C’est la première opération de guerre de l’Alliance depuis sa création. Cinq ans plus tard, les forces de l’OTAN se lancent à l’assaut du Kosovo. »
1. Les racines de l’OTAN: la 2ème guerre
mondiale et la conférence de Yalta
Après la capitulation du troisième Reich, le 8 mai 1945, la 2ème guerre mondiale est finie sur le continent européen. Quelques mois plus tard, après l’engagement de Bombes Atomiques sur les Villes Japonaises Hiroshima et Nagasaki, le Japon signe également la capitulation, ce qui marque la fin définitive d’une guerre dont l’atrocité et l’envergure ne furent jamais autant graves.
Ce sont les Américains, les Russes et
les Anglais qui furent les principaux vainqueurs.
Mais déjà pendant la guerre fut
visible qu’à l’avenir, le
monde ne sera plus le même. Pendant la
guerre, les communistes et les puissances démocratiques
occidentales se battaient contre l’ennemi
commun. Or, les politiciens de l’époque
savaient très bien que cela n’allait
pas durer, que ces deux camps seraient condamnés
à se concurrencer. Lors de la conférence
de Yalta de février 1945, Winston Churchill
premier ministre du le Royaume-Uni, Franklin
D. Rooswelt président des États-Unis
et Joseph Staline dictateur de l’Union
Soviétique ont partagé le monde
de l’après-guerre.
D’un côté le monde occidental
- le «premier monde» - de l’autre
côté le monde communiste - le «deuxième
monde». C’est dans cette conférence
tenue peu avant la fin des hostilités,
en février 1945 que les décisions
fondamentales sur l’avenir de l’Europe
et du monde furent prises. La décision
sur la création de l’Organisation
des Nations Unies, l’administration de
l’Allemagne après la guerre, les
nouvelles frontières de la Pologne (sans
demander l’avis des polonais) ainsi que
l’instauration de gouvernements démocratiques
dans les pays libérés y furent
discutés.
Après la capitulation de l'Allemagne, la Conférence de Potsdam se tient de la mi-juillet au 2 août L'image a changé. Franklin Roosevelt est mort et Truman lui a succédé à la Présidence des Etats-Unis; après sa défaite aux élections législatives, Churchill passe le relais à Clément Attlee pendant la Conférence.
2. Les premiers pas, le début
de la guerre froide
Le 26 juin 1945, la charte des Nations-Unies
est signée à San Francisco. De
mi-Juillet au 2 août 1945 à eu
lieu la conférence de Potzdam. Étant
donné que le président américain
Rooswelt est décédé et
que le premier ministre Britannique à
perdu les élections, les États-Unis
sont représentés par Harry Trumann
et le Royaume-Uni par Clement Atlee. Les zones
d’occupation de l’Allemagne ont
été tracées lors de cette
conférence.
Une nouvelle conférence à lieu
le 5 Mars 1946 à Ulton/Missouri. C’est
ici que Churchill prononce son célèbre
discours, dont ses mots du « Rideau de
fer » entreront dans l’histoire
et marqueront une nouvelle époque: la
guerre froide. L’économie européenne
est ravagée par la guerre. L’épuisement
des réserves d’or mène à
l’élaboration du plan Marshall.
Les Etats-Unis soutiennent l’Europe pendant
le rude Hiver 1946-47.
Et en terres méditerranéennes,
la « doctrine Trumann (1) » est
appliquée. Celle-là consiste dans
le soutien de la Grèce et de la Turquie
«contre les tentatives d’asservissement
exercés contre eux» (et coûte
400 millions de dollars aux USA). C’est
dans cette phase de l’histoire mondiale
que les USA renversent le Royaume-Uni du trône
de la superpuissance mondiale. L’OTAN
n’existe pas encore mais les premiers
pas sont mis en route. C’est surtout la
décision européenne du 17 mars
1948, la signature du traité de Bruxelles,
qui représente un pas important vers
une coopération militaire internationale
uniquement défensive (Membres signataires:
le Royaume-Uni, les Pays-bas, le Luxembourg,
la France et la Belgique). Le 10 décembre
les négociations sur le traité
de l’Atlantique du nord entre les états-Unis,
le Canada et les états signataires du
traité de Bruxelles commencent à
Washington.
(1) Stratégie d’endiguement (
containment ) visant à encercler l’adversaire
à l’aide de partenariats et d’alliances.
Trumann rompt la tendance isolationnaiste des
Etats-Unis en terme de politique étrangère.
Ce texte rompt aussi les relations Etats-Unis,
URSS. Le prolongement de la doctrine Trumann
sera de protéger les pays qui seront
soumis ou en danger par la tyrannie et l'oppression
soviétique. Ceci marque le début
de la guerre froide.
[ http://www.ac-nantes.fr/peda/disc/histgeo/
pedago/bacretz/comment2.htm ]





